Lettre ouverte – février 2017

Une question de justice et de valorisation

Les professeurs de l’Université Sainte-Anne ont entamé, depuis quelques mois, d’importantes négociations avec l’administration.

Il s’agit pour nous d’un moment charnière dans notre histoire et nous nous battrons bec et ongles pour obtenir justice et pour que la valeur de notre travail soit reconnue.

L’enjeu le plus important est la question salariale.

Et pour cause.

Les professeurs enseignant à l’Université Sainte-Anne ont toujours été beaucoup moins payés que leurs collègues des autres universités néo-écossaises.

Historiquement, les disparités salariales à Sainte-Anne ont toujours été légendaires et colossales.

Et elles le demeurent malheureusement encore.

De plus, la charge d’enseignement à Sainte-Anne est l’une des plus lourdes au Canada. Ce qui laisse aux professeurs moins de temps pour faire de la recherche et rendre service à la communauté.

Lors des présentes négociations, nous voulons corriger cette injustice qui prévaut depuis trop longtemps.

Il s’agit tout simplement, au fond, d’une question d’équité.

Qu’est-ce qui justifie que le salaire d’un professeur de l’Université Sainte-Anne soit nettement inférieur à celui d’autre collègue exerçant la même profession dans une autre institution universitaire de la Nouvelle-Écosse ? Et qu’est-ce qui justifie que sa charge de travail soit différente ?

Rien.

Question d’autant plus fondamentale que nous ne saurions, par exemple, tolérer un pareil écart entre les enseignants du CSAP et leurs collègues du secteur anglophone.

Si cela est inacceptable pour les enseignants de nos écoles primaires et secondaires, pourquoi serait-ce acceptable pour les professeurs de la seule université francophone en Nouvelle-Écosse ?

La nouvelle convention collective devra régler ce problème fondamental et réparer cette injustice historique.

Et cet ajustement est double.

Ajustement à la réalité externe d’abord, comme on vient de le dire, en lien avec ce qui se fait dans les autres universités de Nouvelle-Écosse.

Mais aussi, ajustement interne. Notre convention collective doit être cohérente avec le dernier plan stratégique adopté par notre institution qui s’est résolument engagée vers une culture de l’excellence. Il est également dans l’ordre des choses que nous puissions profiter d’une procédure de règlement des conflits juste et équitable qui corresponde à celles qui existent dans les autres universités canadiennes.

Notre institution prétend, comme le dit le slogan, cultiver les étoiles de demain.

Or, il faut pour cela d’excellents professeurs.

Imagine-t-on les garder et les attirer chez nous avec des salaires nettement inférieurs à la norme ? Et des charges de travail hors normes ?

Si l’on espère se démarquer dans l’avenir, il faut investir aujourd’hui.

Et commencer par l’équité.